C’est un paradoxe européen : alors que les volumes explosent, la logistique se retrouve piégée entre régulation et performance. À l’approche du Black Friday, Maersk annonce une hausse record de 72 % des colis en Europe. Les ports se remplissent, les routes s’encombrent, les entrepôts saturent — et pourtant, c’est ailleurs que la tension monte vraiment : dans les bureaux feutrés de Bruxelles et de Washington.

D’un côté, l’Union européenne veut imposer des chaînes d’approvisionnement responsables, traçables, neutres en carbone. De l’autre, les États-Unis accusent l’Europe d’ingérence. Une coalition de procureurs américains appelle même Microsoft, Google et Meta à ignorer les directives durables de l’UE. Dans ce jeu d’influence, la Supply Chain devient le champ de bataille d’une guerre idéologique : souveraineté contre durabilité.

Pendant ce temps, les entreprises comme ExxonMobil et QatarEnergy redessinent leurs routes d’approvisionnement. Les logisticiens comme CEVA ou Maersk s’adaptent, digitalisent, anticipent.
L’Europe entre dans une saison où la performance ne suffit plus : il faut être prévisible, responsable et agile, tout à la fois.  La question n’est plus “combien livrer”, mais “à quel prix pour la planète et pour la stabilité du marché”.

⏱️ Vous n’avez qu’une minute ?

  • Une coalition de 16 procureurs généraux américains, menée par James Uthmeier (Floride), exhorte Microsoft, Google et Meta à ignorer les règles européennes de reporting durable (CSRD, CSDDD), jugées “illégales” aux États-Unis. En parallèle, ExxonMobil et QatarEnergy dénoncent la portée extraterritoriale de ces directives, menaçant de revoir leurs routes d’approvisionnement vers l’Europe. L’Union européenne, elle, maintient sa volonté de rendre les chaînes d’approvisionnement traçables, responsables et conformes à l’Accord de Paris.

  • Selon Maersk, le volume de colis en Europe bondira de +72 % pendant le Black Friday, accentuant la pression sur les ports de Gênes, Algésiras et Tanger. Les nouvelles procédures douanières allemandes et belges — notamment la digitalisation du dédouanement sécurisé — visent à fluidifier les flux. En parallèle, l’alliance Liège–Chicago Rockford renforce la connectivité aérienne transatlantique, tandis que la réglementation EUDR repousse ses échéances de conformité à fin 2026 pour les PME.

  • Invité du podcast “The Logistics of Logistics, Rob Light, PDG de CarrierSource, comment son IA analyse les signaux d’intention des expéditeurs. qu’il s’agisse d’un simple clic ou d’une recherche de capacité, l’IA identifie le bon moment pour transformer l’intention en action commerciale. Une approche proactive et data-driven qui, selon lui, annonce la fin du modèle réactif du fret.

🔍Vous avez 10 minutes ?

Les chaînes d’approvisionnement européennes affrontent un triple choc : réglementaire, énergétique et commercial. La multiplication des normes, la pression sur les ressources et la volatilité de l'e-commerce transforment le pilotage logistique en véritable exercice d’adaptation. Dans ce contexte, chaque entreprise cherche à redéfinir son équilibre entre conformité, performance et résilience. Voici les quatre signaux forts de la semaine.

👉 Insight stratégique

La Supply Chain européenne entre dans une phase d’hyper-vigilance : pour rester compétitifs, les acteurs devront conjuguer résilience réglementaire, agilité énergétique et excellence opérationnelle. Anticiper les blocages, digitaliser les flux et aligner durabilité et performance seront les leviers majeurs de 2026.

📊 Data & Benchmark

La haute saison logistique européenne s’annonce comme la plus dense depuis 2019. Selon la mise à jour marché Maersk :

🎙️ Podcast de la semaine

“Leveraging Shipper Intent Data to Win More Freight” – Rob Light (CarrierSource, 2025)

Dans cet épisode du podcast The Logistics of Logistics, Rob Light, PDG et cofondateur de CarrierSource, partage une idée forte : la donnée d’intention des expéditeurs est le nouveau moteur de croissance du transport.

Fini le modèle réactif où l’on attend l’appel d’offres. Grâce à des signaux en temps réel — recherche de capacité, consultation de profils concurrents, interactions de marché — les transporteurs peuvent désormais détecter le bon client, au bon moment, et transformer une intention en contrat.

Rob Light décrit comment son équipe a relié intelligence artificielle et revue de réputation pour donner un avantage concurrentiel aux courtiers et transporteurs, même les plus petits. L’objectif est de passer d’un simple suivi de flux à une prospection proactive, alimentée par la donnée et la confiance.

« Dans la logistique, tout commence par un signal. Le vrai défi, c’est de le comprendre avant tout le monde. »

— Rob Light

🛠️ Zoom Outils

Dans un environnement où chaque minute compte, FourKites est devenu un outil de référence pour la visibilité prédictive des flux Supply Chain. Son moteur d’IA suit en temps réel plus de 3 millions d’expéditions quotidiennes dans 200 pays, tous modes de transport confondus.

L’outil passe d’une chaîne réactive à une chaîne anticipatrice, capable de détecter les déviations avant qu’elles ne se transforment en retards.

FourKites permet de :

  • Suivre les expéditions en temps réel : grâce à son réseau mondial, FourKites connecte transporteurs, chargeurs et clients finaux pour afficher la position et l’état de chaque cargaison, du port d’origine à la livraison finale.

  • Prédire les retards avec précision : l’outil calcule un ETA dynamique (Estimated Time of Arrival) avec un taux de fiabilité supérieur à 95 %, en intégrant météo, trafic et contraintes douanières.

  • Alerter et recommander : en cas de perturbation, FourKites déclenche des alertes automatiques et propose des scénarios d’action correctifs (changement de route, replanification, redéploiement de capacité).

  • Mesurer la performance Supply Chain : via des tableaux de bord unifiés, il analyse les écarts de délai, le taux d’exécution et la ponctualité pour chaque partenaire logistique.

Cas d’usage

Un distributeur européen du secteur FMCG a intégré FourKites pour gérer ses flux entre Rotterdam, Barcelone et Varsovie. Cela a permis une réduction de 32 % des ruptures de stock et un gain de 18 heures sur le délai moyen d’acheminement grâce à la réallocation dynamique des camions et des conteneurs.

⚡️ La minute technique — Le lead time variability

Derrière les KPI logistiques les plus maîtrisés, se cache souvent un ennemi invisible : la variabilité du lead time. Elle désigne l’écart entre le délai prévu et le délai réel d’exécution — un décalage qui, multiplié à chaque maillon, devient un effet boule de neige pour l’ensemble de la Supply Chain.

Un chiffre à retenir : une variation de ±10 % du délai moyen peut engendrer jusqu’à +25 % de stock supplémentaire pour garantir le même niveau de service client.

Cette volatilité ne dépend pas seulement du transport, elle naît aussi de délais douaniers, ruptures fournisseurs, ou fluctuations de la demande.

La solution : les leaders logistiques s’appuient sur des outils de planification prédictive (IBP) et de machine learning pour modéliser ces aléas. En analysant les causes récurrentes et en ajustant dynamiquement les buffers de sécurité, ils transforment l’incertitude en levier de précision.

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