
« On nous demande d’être plus rapides, plus responsables, plus transparents… mais avec des règles qui changent au dernier moment. » Cette phrase, lâchée par un directeur achats la semaine du vote européen, résume l’état d’esprit d’une grande partie de l’écosystème.
Le Parlement européen a décidé d’assouplir la loi sur la chaîne d’approvisionnement. Un vote passé en quelques minutes… et qui pourrait modifier des années de transition durable, chambouler les relations fournisseurs et redistribuer les cartes de la compétitivité européenne.
La décision tombe alors même que l’Europe s’apprête à activer le CBAM. Ce mécanisme qui fera grimper de 15 à 25 milliards de dollars par an la valeur des importations à forte intensité carbone. Et dans cet environnement tendu, les chaînes d’approvisionnement doivent absorber un autre choc : l’explosion des attaques cyber sur les supply chains logicielles, désormais 30 % plus élevées qu’au précédent record.
Dans le même temps, un secteur tire son épingle du jeu : l’aéronautique. La supply chain française dépasse désormais ses niveaux pré-Covid, avec +10 % d’activité en 2024, portée par 148 000 emplois et une dynamique d’investissement qui pousse l’industrie à se réinventer.
⏱️ Vous n’avez que 2 minutes ?
Le Parlement européen a édulcoré la loi sur la chaîne d'approvisionnement, provoquant un débat sur la responsabilité des entreprises. S&P Global annonce que le CBAM pourrait ajouter jusqu’à 25 milliards $ aux importations. En parallèle, Cyble enregistre 41 attaques de supply chain logicielle en octobre, un record absolu.
Selon la Banque de France et le GIFAS, la supply chain aéronautique française affiche +10 % d’activité, 148 000 emplois et une rentabilité supérieure à 2019. Les PME tirent la croissance, mais les segments capitalistiques restent fragilisés par les besoins en trésorerie et l’intensité des investissements.
Dans Talking Supply Chain, Dave Rusher d'Aravo explique pourquoi l’IA peine à s’imposer dans la gestion des risques fournisseurs faute de standardisation. Il rappelle que « l’objectif n’est pas l’efficacité pour l’efficacité, mais de meilleures décisions», notamment grâce à l’analyse de données non structurées.
🔍Vous avez 10 minutes ?
L’année 2025 ressemble à une période de “stress test grandeur nature” ponctuée de paradoxes. Le Parlement affaiblit une loi censée renforcer la vigilance sur les fournisseurs, alors que les risques externes, carbone, cybercriminalité, dépendance import, n’ont jamais été aussi élevés. Les entreprises doivent absorber un CBAM coûteux, faire face à une vague record d’attaques logicielles et suivre une reprise sectorielle inégale.

Un vote européen sous haute tension. L’assouplissement de la loi sur les chaînes d’approvisionnement suscite un débat intense sur la dilution des ambitions sociales et climatiques. Pour les entreprises, cela crée une incertitude réglementaire à un moment où la conformité devient un avantage compétitif.
Le CBAM redessine les flux mondiaux. Avec un surcoût potentiel de 15 à 25 milliards $/an, les importateurs devront arbitrer entre localisation, diversification et innovation matières. L’impact sera particulièrement fort pour l’acier, les engrais et l’aluminium, où la dépendance européenne reste élevée.
Cybermenaces : l'autre pandémie silencieuse. Les attaques de supply chain logicielle explosent, dopées par des vulnérabilités critiques et l’interconnexion croissante des systèmes. Les secteurs les plus touchés sont l’IT, la finance et les transports, soit le cœur même des chaînes d’approvisionnement.
Aéronautique : la renaissance. La supply chain française dépasse enfin ses niveaux pré-Covid, avec une croissance synchronisée des PME et équipementiers. Malgré cette dynamique, les tensions de trésorerie et l’intensité capitalistique demeurent des risques majeurs.
👉 Insight stratégique
Pour rester compétitive en 2025, chaque entreprise devra renforcer simultanément sa résilience réglementaire, carbone, cyber et opérationnelle. Les décisions prises aujourd’hui, diversification des fournisseurs, maîtrise des données, gouvernance du risque, automatisation intelligente, détermineront la capacité à naviguer dans un environnement devenu structurellement volatile.
📊 Data & Benchmark
La filière aéronautique française offre l’un des signaux les plus marquants du moment : selon l’étude Banque de France menée pour le GIFAS, la supply chain aéronautique et spatiale a dépassé son niveau pré-Covid.

🎙️ Podcast de la semaine
Dans ce podcast, Dave Rusher, Director of Customer Engagement chez Aravo, pose une réalité trop peu discutée : la gestion des risques liés aux tiers est l’un des domaines les plus complexes pour l’IA.
L’enjeu n’est pas de remplacer les analystes : la valeur de l’IA est de transformer des données non structurées en décisions exploitables.
« L’objectif n’est pas l’efficacité pour l’efficacité, mais de meilleures décisions. »
🛠️ Zoom Outils - Kinaxis RapidResponse – La plateforme qui synchronise la décision en Supply Chain
Kinaxis RapidResponse est aujourd’hui l’une des plateformes les plus avancées pour piloter des supply chains complexes en temps réel. Sa force réside dans un moteur unique : la concurrence simultanée. Concrètement, cela signifie que plusieurs équipes (planification, finance, logistique, production) peuvent tester des scénarios en parallèle, sans créer de versions multiples ni perdre la cohérence globale du plan.

Pourquoi cet outil compte aujourd’hui ?
Dans un contexte où :
les règles européennes se modifient,
le coût carbone transforme les arbitrages fournisseurs,
et les risques cyber explosent,
Les entreprises ont besoin d’un système capable de simuler l’impact d’un changement instantanément : variation de coûts, rupture fournisseur, incident de sécurité, modification réglementaire, montée en cadence…
Fonctionnalités clés
Planification end-to-end en temps réel : visibilité simultanée sur la demande, les capacités, les approvisionnements et les risques.
Scénarios “what-if” instantanés : comparaison de plans alternatifs en quelques secondes.
Gestion proactive des risques : alertes sur les écarts, les retards, les ruptures ou les dépendances critiques.
Collaboration intégrée : toutes les fonctions analysent la même donnée, au même moment.
Cas d’usage typiques
Replanification après un incident fournisseur critique.
Simulation de l’impact du CBAM sur les coûts d’importation.
Ajustement rapide de capacités en cas de variation de la demande.
Analyse des dépendances et réduction des risques tiers.
⚡️ La minute technique : la cartographie dynamique des risques tiers
Dans les supply chains modernes, la cartographie statique des risques ne suffit plus. La cartographie dynamique des risques tiers consiste à intégrer en continu :
les alertes cyber
l’exposition carbone
les dépendances SaaS/IT
les données financières fournisseurs
et les signaux géopolitiques.
Elle utilise des flux actualisés (API, outils de veille, scoring automatisé) pour recalculer en temps réel le niveau de criticité de chaque fournisseur. Cela permet d'obtenir une vision vivante, non plus figée, indispensable pour gérer les risques liés aux tiers dans un environnement volatil.


